Adopter une décomposition ‘Bull and Bear’ aux taux 10 ans français permet une analyse différente.

Publié le Publié dans Formation, marchés financiers

Actuellement, entre les incertitudes sur les élections à venir, le possible changement de cap de la Fed, sans oublier la remontée de l’inflation, la perspective de remontée des taux devient un scénario de plus en plus admis.

Les chiffres des marchés confirment ces réflexions. Depuis le 11 juillet 2016, il semble bien que les taux français aient touché leur plus bas. A cette date, le TEC10 (qui mesure le rendement actuariel d’une valeur du Trésor d’une durée de vie de 10 ans) était à 0,11%. Avec 1,14% au 7 février 2017, la remontée du TEC10 est donc déjà de 1,03%.

Analyser la remontée des taux n’est pas facile.

Face à une remontée des taux on peut chercher un éclairage auprès d’économistes, de traders voire de chartistes. Mais, il est également possible d’analyser les données historiques dont on dispose, ce que nous nous proposons de faire. Sans garantir un éclairage prédictif, une analyse des taux historiques offre plusieurs avantages.

Tout d’abord il nous évite d’être victime de la myopie habituelle des opérateurs des marchés. Alimentés par de multiples informations mises à jour en temps réel, les opérateurs en viennent parfois à n’accorder de l’importance qu’aux chiffres les plus récents, ce qui les handicape lorsqu’il est nécessaire de déceler une tendance. De plus, depuis le 22 juillet 2014, les taux français sont restés sous la barre des 1,50%. Cela fait donc deux ans et demi que nous nous sommes habitués à ce contexte de taux bas. Un opérateur qui aurait été recruté fin juillet 2014 n’aurait tout simplement jamais connu un TEC10 au-dessus de 1,50% !
Enfin, les taux français ont ceci de particulier qu’ils ont connu depuis septembre 1981 une période de baisse de plus de 34 ans. Cantonner une analyse des taux à la période post 1981 revient à n’analyser qu’une période particulière au regard d’un historique plus long. Il est donc indispensable de prendre davantage de recul.

Nous avions étudié, dans un article de juillet 2014 qui est toujours disponible sur Le Cercle des Echos, l’évolution des taux français entre 1814 et 2014. Sans remonter à un historique aussi long, nous nous proposons de prendre un recul de plus de 50 ans et d’étudier comment les taux ont évolué depuis juillet 1963.

Décomposition Bull and Bear des taux

 

Une analyse inspirée des décompositions Bull & Bear des marchés actions.

Les américains, Franklin Templeton en tête, ont souvent eu recours à une décomposition des cours des actions en périodes haussières et baissières. L’un des intérêts d’une telle approche est de corriger un biais d’effet de base. Lorsqu’une baisse actions se produit à partir d’un point haut, elle paraît plus importante – et donc devient source d‘inquiétude pour l’épargnant. Lorsque cette même variation part d’une base 100 ou d’un point zéro, on gagne en lisibilité tout en rassurant l’épargnant. Bien que cet effet de distorsion soit moins important lorsque l’on analyse les variations des taux, il joue tout de même.

Décomposer les 53 ans de notre analyse en périodes haussières et baissières nous permet de mieux les discerner. En effet, sur la longue période de baisse des taux que l’on vient de connaître, l’ampleur de la baisse (17,30% entre septembre 1981 et juillet 2016) a tendance à masquer les moments où les taux sont remontés.

 

Détail des périodes analysées

 

Lire la suite de l’article sur Le Cercle les Echos

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